Du jour au lendemain, vous oubliez ce qui s'est passé hier, puis avant-hier, puis il y a deux mois, puis il y a quatre ans... D'abord les souvenirs, puis le calcul mental, puis les lettres, puis... le trou noir.Comme tout récit autobiographique, on aime ou on n'aime pas. Pour La Parenthèse, on se place dans la compassion dès le début mais ce n'est pas le personnage qui l'inspire, c’est la situation. Cette BD fait l'épopée d'un combat contre la maladie dans un style simple, clair mais qui reste très personnel. Ce n'est pas vraiment le cadeau idéal pour ces fêtes de fin d'année, mais j'ai totalement oublié d'en parler quand je l'ai acheté. Vous me pardonnerez peut-être si je vous dis que ça se finit bien ?
Toujours dans le cadre du challenge Women BD qui se termine le 31 décembre, je vous invite à faire la connaissance de l'autre Élodie : Judith.

Titre : La Parenthèse (ISBN : 9782756017037)
Auteur : Élodie Durand
Nombre de pages : 224
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| Planche trouvée sur Paperblog |
Après ce petit prologue, nous assistons à la dégradation de la maladie de Judith : l'épilepsie. Pour quelqu'un d'ignorant sur la question, on en apprend davantage avec un cas concret. Qu'est-ce que réellement cette maladie ? On ne connaît généralement que les convulsions, la crise en elle-même. La forme extérieure. Mais que sait-on des dégâts internes ? Rien. Judith nous invite à écouter le récit de ses parents. L'héroïne dans le temps présent se place directement du côté des lecteurs. Elle n'a jamais cru qu'elle était malade. Ce problème lui est étranger.
Plus on avance dans l'histoire, plus les dessins deviennent conceptuels pour expliquer des théories scientifiques ou les problèmes de mémoire de plus en plus importants. J'ai particulièrement été marquée par la double page 102-103 qui résume très bien l'ensemble de l'ouvrage. Des yeux observent dans le noir un enfant recroquevillé. Son état mental régresse au point de devenir une enfant qui suit sa mère sans raison et sans avoir de capacité de jugement, tandis que les autres la regardent sans savoir quoi faire.
Judith ne savait pas qu'elle était porteuse de cette maladie et elle va pourtant aller au plus bas avec des médicaments toujours différents qui ne font pas effet. La seule trace virulente de son cerveau reste son carnet à dessins (avec ceux faits par l'auteure durant sa maladie). Mais un jour, son état s'améliore et elle reprend peu à peu ses activités. Elle change de vie... mais a toujours peur de revoir ses anciennes connaissances.
La Parenthèse ait partie des textes qui sont difficiles à juger objectivement du point de vue de l'intrigue. Comment peut-on dire que l'histoire d'une ancienne épileptique est trop plate, pas assez épique, sans froisser la concernée ? L'intrigue plaît ou ne plaît pas, mais ce qui importe ici c’est la narration choisie. L'alternance entre Judith fictive et dessins d'Élodie réelle nous sort à coups de pied dans les fesses de la narration le temps de quelques pages. L'auteure a voulu faire une BD à des fins thérapeutiques parce qu'elle ne s'est jamais crue malade durant cette période.
Le trait aussi est enfantin pour minimiser le sujet tout en l'amplifiant. Certaines planches rappellent nos peurs d'enfants : le noir, les monstres, etc. Cette technique permet de mettre le sujet à distance tout en faisant naître en nous des émotions.
En bref, une BD sur laquelle il faut s'arrêter et prendre son temps. L'entrée en matière est facile parce qu'on sent que l'auteure ne se parle pas à elle-même. Elle s'adresse à un lecteur potentiel, peut-être elle comprise, mais jamais elle ne s'accapare le récit pour le garder rien que pour elle. La Parenthèse est un partage, un témoignage aussi bien de la malade que des parents dont le courage est portée aux nues avec simplicité. On peut presque dire qu'Élodie Durand a développé une esthétique de la thérapie.
Note :

Pour aller plus :
Crédits : planches trouvées sur Paperblog et Le Temple de Ganesh.


J'avais beaucoup aimé ce livre, et la manière dont été abordé certaines pathologies difficile à expliquer.
RépondreSupprimerRoz >> Tu as mieux résumé le livre en deux lignes que je ne l'ai fait dans ce billet x)
RépondreSupprimerMais 2 lignes (surtout avec une énorme faute de conjugaison) donnent moins envie de lire qu'un texte argumenté :p
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