20 décembre 2011

Lumière sur... Ayashi no Ceres

Rends-moi ma robe de plumes !

Petit souvenir bien rétro de mon adolescence avec le premier Yuu Watase de ma collection, Ayashi no Ceres. Que feriez-vous si une de vos aïeules se réincarnait dans votre corps et essayait de tuer votre frère jumeau ?
Série pour jeunes filles, Ayashi no Ceres essaie de travailler sur le thème du double sur celui de la réincarnation en transformant des éléments mythologiques en science fiction. L'occident s'invite aussi dans l'univers japonais par le biais de Cérès qui, malgré son nom, a peu de rapport avec notre Déméter si ce n'est de représenter la fécondité. Une intrigue qui plaira moins facilement à vous messieurs tant la niaiserie et le shojoïsme dégouline de cette série.
Cette dernière reste néanmoins la première qui a réellement fait connaître Yuu Watase en France avec Fushigi Yugi, donc elle est en quelque sorte passée dans les classiques à connaître. Petit tour d'horizon à l'occasion du challenge Women BD pour comprendre les clés de ce manga d'aventures et sentimental.

Titre : Ayashi no Ceres
Auteur : Yuu Watase

Nombre de tomes : 12


http://www.coinbd.com/series-bd/ayashi-no-ceres/tome-2/images/planche/ayashi_t2.jpg
Planche de CoinBD
Aya et son jumeau Aki fêtent leur seizième anniversaire mais la malédiction s'abat à nouveau sur la famille des Mikage. Cérès se réveille et tente de tous les tuer. Débute alors une longue aventure où Aya et Aki, si proches l'un de l'autre, doivent se séparer et se combattre. Ils ne veulent pas se faire du mal et n'ont que faire de cette maudite famille.
Aki est retenu par la famille Mikage et un cousin scientifique (fou ?), tandis qu'Aya est recueilli par une autre réincarnation de nymphe. Car oui, Cérès ici est une nymphe. Yuu Watase a dû intégrer Cérès au folklore japonais pour plus d'exotisme et travailler sur son thème de fond : la vengeance et la maternité. Vengeance, il y aura. Elle finira par retrouver sa "robe de plumes" que son époux mortel lui avait subtilisée. Toya, garde du corps d'Aki qui tombe amoureux d'Aya sera d'une grande aide, mais à quel prix ? Maternité... Ce thème émerge plutôt vers la fin. Aya en a assez de cette histoire de robe de plumes, de faire semblant d'aller à l'école pour achever sa quête. Elle est en grand manque affectif depuis qu'elle ne peut plus vivre avec son jumeau Aki. Alors Toya deviendra son petit ami après moult et moult aventures.

Raconté ainsi, on pourrait se demander où est la science fiction. Et bien à travers ce drame romantique, Yuu Watase fait réfléchir la famille Mikage sur la théorie de la race pure, sur le clonage, sur l'ADN des nymphes et sur la religion. Aya n'est pas la seule réincarnation de nymphe, bien au contraire elle va rencontrer de nouvelles amies... étranges. Le cousin éloigné d'Aki et Aya sévit fortement en cherchant à reproduire l'ADN de Cérès pour être l'unique être à la posséder.
Comme dans Chobits, on retrouve le thème de la femme objet. Yuu Watase décide de créer deux personnages : celui d'Aya, jeune fille paumée qui voudra juste devenir mère ; celui de Cérès, femme accomplie qui refuse d'être menée par les hommes, des êtres inférieurs à ces yeux.
Ayashi no Ceres conviendra parfaitement aux jeunes filles fleurs bleues qui aiment avoir un minimum d'action dans leurs lectures. Le côté science fiction n'occulte en rien les lieux communs du shojo et cette série prouve qu'on peut narrer autre chose qu'une banale vie quotidienne. Dans la même branche, mais pas le même style d'histoire car plus niais et innocent, on retrouve Fruits Basket. Ces deux séries ont fait fureur en France et leur univers différent des autres manga shojo ne doit pas y être pour rien.
On rappelle les quelques longueurs entre les tomes 8 à 10 qui correspondent à la fois au cœur de l'intrigue mais aussi à tous les clichés de shojo qu'une jeune fille pré-pubère attend : tentative de viol, le petit ami qui perd la mémoire mais qui revient la sauver par la force de son esprit, premières scène d'amour, élève mal aimée de sa classe, etc.
Ceci dit, Yuu Watase maîtrise bien son scénario et sa narration. Douze tomes c’est beaucoup, mais c'ets amplement suffisant. En faire plus n'aurait fait que traîner en longueur une série qui est censée se dérouler sur un an de scolarité.
Un petit bémol tout de même : on incite les jeunes filles à ne plus aller à l'école et à devenir mère. C'est le seul gros cliché qui ressort fortement... et qui correspond très souvent au statut des femmes japonaises à la fin des années 90 (début de la série). Même si Yuu Watase joue la provocation parce qu'Aya est mineure (17-18 ans) quand elle attend un enfant, le message reste inchangé. Il me semble que ce défaut est ce qui a empêché un plus grand succès pour passer réellement à la postérité.

Note :

Crédits : planches trouvées sur CoinBD et Drama manga seinen.

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