16 janvier 2012

Cœur de Phénix de Mathieu Gaborit

Le souffle épique d'un destin inouï à accomplir bouscule la vie de Januel, tout jeune adolescent.

C'était un livre que je devais offrir. Vu l'état du livre à son arrivée, j'ai préféré m'abstenir. J'avais l'intention de le lire depuis un moment. Oscillant entre Fetjaine et Gaborit, j'ai tout de suite senti la différence de style entre les deux auteurs. Cela m'a permis d'avoir un œil plus critique ou plus condescendant sur les deux textes.
Les Chroniques des Féals m'ont de suite intéressée parce que le héros maîtrise la magie des Phénix. Là je me dis : "Chouette, un univers fantasy qui change de ce que je connais ! Je vais me lancer dessus."

En ressortant de cette trilogie, j'ai encore du mal à déterminer l'âge du public visé. Le langage est châtié mais pas incompréhensible. La narration est plutôt épurée, mais l'auteur décrit toujours un élément obscur ou nouveau pour le lecteur. On dirait un texte charnière entre littérature pour adultes et littérature pour adolescents. Ça a été un peu déstabilisant durant la lecture.

Titre : Les Chroniques des Féals, tome 1 Cœur de Phénix (ISBN : 9782352943983)
Auteur : Mathieu Gaborit

Nombre de pages : 210

Personnages principaux : Januel, Maître Farel // Scende, Sildinn

Résumé :
Januel est le nouveau prodige de la guide des phéniciers, mais est bien trop réservé et proche de la pensée pure de ses maîtres pour s'en vanter. Dans ce tome, il est traîné aux quatre coins du pays d'abord son maître Farel, qu'il voit comme un père, puis par Scende, une mercenaire, et enfin par les maîtres phéniciers de la Tour Écarlate de la Guilde-Mère.
On sent déjà une ébauche sur la foi et la religion dans ce tome. Pendant trois ans, Januel a suivi un entraînement intensif pour maîtriser l'Embrasement et la Renaissance des Cendres. Le destin l'amène à faire renaître le Phénix de l'empereur, un Phénix des Origines. Sans dévoiler le nœud de l'intrigue, sachez que les Féals sont des animaux mythiques qui ont bu dans une source, les Ondes, qui a libéré le Fiel (un simili de haine démoniaque) en eux mais qu'ils ont réussi à contenir.
L'ennemi ? La Charogne. Son but ? Conquérir le M'Onde. Januel va devoir vaincre ses pires peurs et faire un retour sur son passé d'enfant voyageur pour comprendre qui il est et quel est son rôle. Le Phénix des Origines a assassiné l'Empereur quand le héros l'a réveillé. Que cela ne reste pas en vain.

Mon avis :
Mathieu Gaborit s'en tire bien en créant un nouvel univers dans lequel évolue un protagoniste ne répondant pas du tout aux codes de l'héroïsme. Januel sait se battre mais préfère fuir plutôt que de tuer un homme. Derrière cette image de lâche, l'auteur a construit toute une idéologie durant le tome 1. Januel pense surtout que ce n’est pas à lui que revient le droit de mettre fin aux jours des êtres vivants sur Terre. Plus d'une fois il va s'interposer pour sauver la vie d'un homme, même si c’est un ennemi. Ce comportement le démarque bien comme étant le héros de l'histoire quand il rencontre des draguéens : pour eux, le feu est symbole de mort alors que pour Januel, c’est la vie qui s'installe quand un Phénix renaît.

Juger le style d'un jeune auteur qui continue d'écrire régulièrement est difficile. D'autant plus que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire son dernier roman pour confirmer ou invalider ma pensée. Ce qui ressort de cette lecture est une inégalité de travail d'écriture. Certaines scènes sont très bien rendues et on commence à se sentir proche du personnage, mais deux lignes plus bas on peut retourner sa veste et trouver le texte froid ou pas aussi profond. La trilogie datant de 2006, l'auteur a peut-être corrigé ses erreurs mais je ne peux que me référer à cette trilogie-ci. Le point positif qui ressort tout de même est l'apparente fluidité de la narration, au langage châtié. On est loin d'un style descriptif de Fetjaine ou de Tolkien, ce qui rend l'auteur beaucoup accessible à tous, tout en gardant sa patte.

La lecture est très rapide mais peut-être hachée par le court chapitrage. On peut trouver en vingt pages pas moins de quatre chapitres. Des chapitres plus longs auraient peut-être amélioré ce travail sur la narration.

Un bon moment de lecture, mais qui ne m'a pas non plus transcendée. Le monde est trop manichéen pour qu'on puisse disserter longuement dessus, mais l'originalité de l'univers mérite d'être remarquée. La quatrième de couverture ne m'a pas menti. La fin du tome 1 est trop attendue. L'auteur s'en tire en nous offrant une belle scène d'action mais les ficelles ont été trop visibles.
Un roman plutôt expérimental, sur le mode du conteur plutôt que de celui de l'aède. Toute épopée doit pouvoir être comparée à l'Iliade.

Note :

Vous voulez aller plus loin ?

0 réactions:

Enregistrer un commentaire