Cette fois, non. Pas question de céder.Il n'y a rien de mieux que de faire des découvertes aux détours d'une librairie. Un Petit Chaperon rouge m'a surpris par son format (environ A6 à l'italienne) et son nombre de pages réduit. On a l'impression d'entrer dans un carnet de croquis d'un dessinateur qui l'aurait laissé sur une pile de livres avant de partir. Le trait m'a paru d'emblée satirique et pourtant les couleurs sont dynamiques.
Un album dans les tons d'une animation 2D ou d'un carnet de croquis, Un Petit Chaperon rouge surprend par la quasi absence de texte et par la dite passivité du personnage principal au début. Entre l'album expérimental et les premiers albums de lecture, Marjolaine Leray redonne la parole à un conte qui semble lui tenir à cœur, car elle l'a déjà illustré pour une adaptation en pièce de théâtre.
Titre : Un Petit Chaperon rouge (ISBN : 9782742782499)
Auteur : Marjolaine Leray
Nombre de pages : 32
Personnages principaux : le chaperon rouge, le loup.
Résumé :
Le loup prend des airs de pédophile et enlève le petit chaperon rouge. Pas dupe, la petite fille retarde le moment fatidique par ses habituelles phrases "Que tu as de yeux ! Que tu as de grandes oreilles ! Que tu as de grandes dents !" Mais voilà, le loup a mauvaise haleine. Elle refuse d'être mangée. La petite fille retourne alors la situation à son avantage. Quel "naïf" !
Mon avis :
Minimaliste mais simple, clair et direct. Le trait spontané donne de la vitesse au rythme du conte. On s'attend au à la version habituelle mais le retournement de situation, à l'aide d'un bonbon, colore cet album blanc et rouge d'humour noir. Marjolaine Leray permet au Petit Chaperon rouge de prendre sa revanche dans un univers au trait épuré mais qui plaira aussi bien aux petits qu'aux grands.
Le Chaperon rouge ressemble à une petite poupée ou à une marionnette avec les traits apparents dans la colorisation, mais ce n'est que pour mieux tromper le méchant Loup. D'emblée, on entre à la fois dans un univers jeunesse, plastique et satirique. L'ironie de la fin ne ressort pas tout de suite grâce aux couleurs et à l'avancée normale du récit, mais quelques indices nous permettent de la deviner.
Marjolaine Leray interroge la place de l'enfant dans notre société. Les enfants sont-ils toujours aussi naïfs ? Les enfants sont-ils toujours sages comme des images ? Il semblerait que les rôles se soient inversés. Les anciennes victimes sont capables elles aussi de malignité et peuvent paraître aussi monstrueuses que les méchants eux-mêmes. Le monde n'est pas si manichéen qu'il n'y paraît. Dans le même temps, cet album a une portée pédagogique, elle apprend aux enfants à dire non. On ne tombe à aucun moment dans le récit angoissant qu'on retrouve dans les vidéos préventives.
Je reste un peu sur ma faim parce que l'album est très court mais cette brièveté permet aux très jeunes lecteurs d'accéder à une version moderne du conte qu'ils exploreront plus tard en primaire ou au collège. On garde l'essentiel du conte de Perrault mais c’est la vision de l'illustratrice qui est ressentie.
Note :
Pour aller plus loin :
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